La vape est aujourd’hui un outil clé de réduction des risques et de sevrage tabagique. Face aux 75 000 décès annuels liés au tabac en France, elle offre une alternative sans combustion, limitant l’exposition aux substances toxiques. Pourtant, son usage divise, notamment chez les jeunes. Que disent les données scientifiques ?
Vape et arrêt du tabac : des preuves scientifiques de plus en plus solides
Les preuves scientifiques en faveur de la vape comme outil de sevrage tabagique s’accumulent :
- Revue Cochrane (2025) : Sur 90 études et 29 044 participants, elle conclut avec un niveau de confiance élevé que la vape avec nicotine augmente les chances d’arrêt du tabac, permettant 4 arrêts supplémentaires pour 100 fumeurs comparé aux substituts classiques.
- Étude ESTxENDS (2024) : Les vapoteurs recevant un kit et six mois de liquide gratuit avaient 1,77 fois plus de chances d’arrêter que ceux suivant un accompagnement classique. 29 % étaient abstinents après six mois, contre 16,3 % dans le groupe témoin.
- Haut Conseil de santé publique : Il reconnaît l’intérêt de la vape pour les publics défiants vis-à-vis des prises en charge classiques.
Société francophone de tabacologie :Elle souligne un consensus des experts sur l’efficacité de la vape pour le sevrage et la réduction des risques.
Les jeunes et la vape : un équilibre à trouver
La vape fait l’objet d’une couverture médiatique alarmiste, notamment avec l’interdiction des puffs et les alertes sur le PTC (« pète ton crâne »). Si ces sujets sont importants, ils tendent à présenter la vape comme un danger, surtout pour les jeunes.
En 2022, 56,9 % des 17 ans avaient testé la vape, dépassant l’expérimentation de la cigarette (ESCAPAD, OFDT). Toutefois, la majorité des vapoteurs quotidiens étaient déjà fumeurs, et les vapoteurs exclusifs restent minoritaires (5,8 % en 2022).
Une revue de 126 études suggère un effet de diversion : plus la vape est répandue, plus le tabagisme juvénile baisse. Mais les preuves restent fragiles.
Le Royal College of Physicians (2024) soutient la vape comme outil de sevrage, tout en appelant à limiter son accès aux jeunes.
Un encadrement nécessaire. La régulation actuelle repose sur :
- Interdiction de la publicité et des ventes hors circuit spécialisé.
- Formation des professionnels pour un usage sécurisé.
- Contrôle strict des ventes aux mineurs.
L’interdiction des puffs est un premier pas, mais une prévention globale reste indispensable.
Intégrer la vape à la lutte contre le tabagisme : recommandations
La lutte contre le tabac progresse : la prévalence du tabagisme est passée de 29 % en 2016 à 23,1 % en 2023, mais les inégalités sociales persistent.
Pour accélérer cette baisse, toutes les stratégies doivent être mobilisées, y compris la vape. La Fédération Addiction appelle à :
- Intégrer la vape comme outil d’aide à l’arrêt.
- Former les professionnels sur des bases scientifiques.
- Poursuivre la recherche pour garantir la sécurité des consommateurs.
- Soutenir la vape comme levier de réduction des risques.
- Actualiser les recommandations officielles.
Les preuves sont là : la vape aide à arrêter de fumer. Il est temps de l’intégrer pleinement dans la lutte contre le tabagisme.
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Source : Fédération Addiction