Veille addictologie en Bretagne – semaine du 21 septembre 2026

Cette semaine, l’actualité en addictologie est particulièrement marquée par le tabac, avec plusieurs informations directement liées à la Bretagne.

Une expérimentation de dépistage du cancer du poumon débute notamment dans la région, avec la participation du centre hospitalier de Quimper. Dans le même temps, OncoBretagne rassemble de nombreuses ressources destinées à améliorer l’accompagnement du tabagisme chez les personnes atteintes de cancer.

À Rennes, le 20e Congrès de la Société Francophone de Tabacologie a également été l’occasion de croiser professionnels, associations et acteurs de la pair-aidance autour des pratiques actuelles en tabacologie.

La veille s’élargit ensuite à la réduction des risques avec l’ouverture d’un nouveau MOOC national, à l’accompagnement de l’arrêt avec un prochain live consacré aux substituts nicotiniques et, enfin, à l’international avec la situation particulière de l’Australie, où le recul historique du tabagisme coexiste aujourd’hui avec un important marché illégal.


Cancer du poumon : une expérimentation de dépistage débute en Bretagne

Le dépistage du cancer du poumon fait l’objet d’une expérimentation à laquelle participe notamment l’hôpital de Quimper.

Selon les informations publiées cette semaine par Actu.fr, 20 000 personnes en France fumant beaucoup ou depuis longtemps peuvent bénéficier de ce dépistage. En Bretagne, celui-ci est proposé à des personnes âgées de 50 à 74 ans ayant fumé pendant plusieurs dizaines d’années.

L’enjeu est notamment celui d’un diagnostic plus précoce. Le cancer du poumon peut évoluer longtemps sans provoquer de symptômes, ce qui contribue à des diagnostics tardifs. L’article rappelle qu’en France, la survie nette standardisée à cinq ans est actuellement de 24 % chez les femmes et 18 % chez les hommes.

Le dépistage vise ainsi à identifier plus précocement certains cancers chez des personnes particulièrement exposées et à améliorer leurs chances de prise en charge. L’expérimentation débute désormais en Bretagne.

À suivre : le déploiement de cette expérimentation en Bretagne et les modalités permettant aux personnes concernées d’en bénéficier.


Cancer et tabac : OncoBretagne rassemble les ressources pour accompagner l’arrêt

En parallèle, OncoBretagne propose un ensemble particulièrement complet de ressources consacrées au tabac dans le parcours de soins des personnes atteintes de cancer.

Le message est important : l’arrêt du tabac conserve un bénéfice quel que soit le moment du parcours de soins. Continuer à fumer peut diminuer l’efficacité des traitements, augmenter le risque de complications et de récidive et altérer la qualité de vie. À l’inverse, l’arrêt améliore les chances de succès des traitements, réduit certains effets indésirables et contribue à une meilleure récupération.

La plateforme ne se limite pas à informer. Elle met à disposition des professionnels plusieurs outils pratiques : une cartographie des consultations d’addictologie et de tabacologie en Bretagne, des modèles d’ordonnance de traitements nicotiniques substitutifs, des vignettes cliniques, des outils de repérage précoce et d’intervention brève (RPIB), ainsi que différentes ressources autour de la vape et de l’accompagnement à l’arrêt.

OncoBretagne propose également des formations « Prise en charge du fumeur atteint de cancer : accompagner au sevrage tabagique », développées avec plusieurs partenaires bretons.

La place accordée aux collaborations est particulièrement intéressante : certaines ressources ont été élaborées avec la Coordination Bretonne de Tabacologie et l’association Je ne fume plus !, tandis que quatre vidéos donnent également la parole à des patients autour du dialogue sur le tabac, de l’accompagnement, de l’organisation de l’onco-addictologie et de la possibilité de sortir du tabac.

Une boîte à outils régionale à conserver pour les professionnels comme pour les acteurs de l’accompagnement.

À découvrir : les ressources « Cancer et tabac » d’OncoBretagne.


À Rennes, la tabacologie rencontre aussi la pair-aidance

Les 24 et 25 septembre, Rennes accueillait le 20e Congrès de la Société Francophone de Tabacologie.

Après avoir annoncé ce rendez-vous dans notre précédente veille, cette édition permet d’y revenir sous un autre angle : celui de la rencontre entre professionnels de tabacologie et acteurs de la pair-aidance.

L’association Je ne fume plus ! #JNFP était présente avec un stand permettant de présenter ses actions d’autosupport, d’accompagnement et de pair-aidance. Les photographies partagées à l’issue des deux journées témoignent également des nombreux échanges avec les tabacologues et addictologues présents au congrès.

Cette présence fait écho aux ressources présentées par OncoBretagne : l’association développe des actions d’autosupport sur les réseaux sociaux, intervient en prévention, forme des pairs-aidants et des professionnels à l’accompagnement de l’arrêt du tabac et participe à différents projets avec des acteurs institutionnels et sanitaires.

Au-delà des connaissances scientifiques et des pratiques professionnelles présentées lors d’un congrès, ces rencontres contribuent aussi à faire connaître une autre ressource : les savoirs issus de l’expérience des personnes concernées.

Elles participent ainsi au développement de collaborations entre professionnels, associations et intervenants pairs dans l’accompagnement des personnes souhaitant modifier ou arrêter leur consommation de tabac.


Réduction des risques : un nouveau MOOC national pour se former autrement

Autre ressource à découvrir cette semaine : un nouveau MOOC consacré à la réduction des risques (RdR).

Cette formation en ligne est proposée par AIDES, ASUD, Oppelia et l’organisme de formation OC&F, avec le soutien du Fonds de lutte contre les addictions issu de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie.

Son approche rejoint directement plusieurs thématiques régulièrement abordées dans cette veille : envisager les usages de drogues autrement qu’à travers la faute, la culpabilisation ou la stigmatisation, et donner davantage de place à l’éducation, l’accompagnement et à la reconnaissance des savoirs des personnes concernées.

La réduction des risques ne consiste ainsi pas seulement à transmettre des recommandations : elle suppose de partir des pratiques, des besoins et des choix des personnes afin de construire avec elles des réponses adaptées.

Au moment du partage de la ressource, 102 places étaient encore disponibles.

Inscriptions et programme


Substituts nicotiniques : un live pour répondre aux questions

Patchs, gommes, pastilles, spray… Les traitements nicotiniques substitutifs constituent des outils importants de l’accompagnement de l’arrêt du tabac, mais suscitent encore de nombreuses questions pratiques.

Le mardi 29 septembre à 18 h, l’association Je ne fume plus ! proposera un live intitulé « Tout savoir sur les substituts nicotiniques », avec Daniel Chapalain, infirmier tabaco-addictologue au Centre hospitalier de Cornouaille Quimper-Concarneau.

Le rendez-vous permettra d’aborder les différentes formes disponibles et de répondre aux questions des personnes concernées.

Le live sera diffusé sur la chaîne YouTube de JNFP et restera disponible en replay.

Une ressource accessible au grand public, qui peut également être relayée par les professionnels et intervenants pairs auprès des personnes qu’ils accompagnent.

À vos agendas : mardi 29 septembre à 18 h, en direct sur YouTube.


En Australie, recul historique du tabagisme et essor du marché noir

À l’international, la situation australienne offre cette semaine un exemple particulièrement intéressant de la complexité des politiques de lutte contre le tabagisme.

L’Australie a développé depuis plusieurs décennies des mesures particulièrement fortes : interdiction de la publicité, introduction du paquet neutre et hausse importante de la fiscalité. Le tabagisme quotidien a parallèlement fortement reculé : il concerne aujourd’hui 5,6 % de la population, contre 20 % en 2001. Chez les 14-17 ans, cette proportion serait désormais de 1 %.

Mais le pays est aujourd’hui confronté au développement d’un marché illégal de grande ampleur.

Selon une étude du Bureau australien des statistiques réalisée en 2025 et citée par Le Monde, le marché noir représenterait désormais 80 % de la quantité totale de nicotine consommée, contre 12 % huit ans auparavant. Cette estimation repose notamment sur l’analyse des traces de nicotine présentes dans les eaux usées, comparées aux ventes officielles, et inclut cigarettes, produits de vapotage et autres produits associés.

Le prix légal des cigarettes atteint désormais 40 à 70 dollars australiens le paquet, soit environ 25 à 43 euros. L’écart avec les produits de contrebande favorise le développement de circuits parallèles, dans lesquels différents groupes criminels ont investi.

L’enjeu dépasse désormais la seule contrebande. Certains réseaux ont investi directement des commerces et la concurrence entre groupes s’accompagne de violences : plus de 200 incendies criminels ont notamment été recensés entre janvier 2023 et janvier 2025.

La situation australienne invite toutefois à éviter les conclusions trop simples. La forte diminution du tabagisme et le développement du marché illégal constituent deux réalités simultanées. Le débat porte désormais sur les réponses à apporter : certains acteurs proposent de diminuer la fiscalité pour réduire l’attractivité du marché noir, tandis que d’autres redoutent qu’une baisse des prix entraîne une reprise de la consommation.

Un exemple qui rappelle que les politiques de lutte contre le tabagisme doivent articuler différents leviers : prévention, fiscalité, accompagnement à l’arrêt, accessibilité des alternatives et lutte contre les réseaux criminels.

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À retenir cette semaine

De Quimper à Rennes, des ressources d’OncoBretagne à la formation en réduction des risques, cette semaine montre surtout l’importance de croiser les approches.

Prévenir, dépister, réduire les risques, accompagner l’arrêt, transmettre des connaissances professionnelles mais aussi reconnaître les savoirs expérientiels : ces leviers ne s’opposent pas. Ils participent ensemble à construire des réponses plus accessibles et adaptées aux parcours des personnes.

Continuons à partager les ressources, initiatives et actualités qui font avancer l’addictologie, la réduction des risques et la pair-aidance en Bretagne et au-delà.