Veille addictologie en Bretagne – semaine du 19 octobre 2026

Cette semaine, l’actualité en addictologie met en lumière plusieurs évolutions importantes dans la reconnaissance des savoirs expérientiels, la recherche sur le tabagisme et l’accès à la prévention.

La publication par France Travail d’une fiche métier consacrée aux patients partenaires constitue une étape significative dans la reconnaissance de leur contribution au système de santé. Cette actualité fait écho à un nouveau documentaire diffusé sur France Télévisions, ainsi qu’aux réflexions partagées à l’occasion de la Journée mondiale de la pair-aidance.

Du côté de la recherche, une étude américaine apporte un éclairage intéressant sur les trajectoires de personnes qui fumaient quotidiennement sans envisager d’arrêter. Un essai clinique de phase 3 explore également les possibilités d’accompagnement médicamenteux des adultes souhaitant arrêter de vapoter.

En Bretagne, le déploiement du programme pilote IMPULSION pour le dépistage du cancer du poumon et les nombreuses initiatives organisées à l’approche du Mois sans tabac illustrent la mobilisation des acteurs de santé, des associations et des collectivités.

Enfin, un débat parlementaire sur la création d’une « génération sans tabac » invite à réfléchir aux évolutions possibles des politiques publiques de prévention.

1. Patient partenaire en santé : une reconnaissance professionnelle qui progresse

Une nouvelle fiche métier publiée par France Travail

La publication de la fiche métier K1231 « Patient partenaire / Patiente partenaire en santé » sur MétierScope, le portail de France Travail, constitue une avancée importante pour la reconnaissance des savoirs expérientiels dans les secteurs sanitaire, social et médico-social.

Cette fiche définit le patient partenaire comme une personne qui mobilise les connaissances et les compétences développées à partir de son expérience vécue avec une maladie, un handicap, une problématique de santé ou l’accompagnement d’un proche.

Elle reconnaît un champ d’intervention particulièrement large : accompagnement des personnes, amélioration des parcours de santé, formation, recherche, participation aux projets institutionnels et contribution à la gouvernance des organisations.

Parmi les compétences identifiées figurent notamment :

  • Le développement de relations de confiance dans une démarche de partenariat en santé et de pair-aidance.
  • L’animation ou la coanimation de groupes et d’espaces d’échanges.
  • La mobilisation et le partage des savoirs expérientiels.
  • La participation à la conception et à l’évaluation des parcours et des organisations.
  • Le soutien au pouvoir d’agir des personnes concernées.

La fiche évoque également des parcours de formation en éducation thérapeutique du patient, en santé ou en sciences humaines et sociales, ainsi que la valorisation d’expériences professionnelles, associatives ou bénévoles.

Cette reconnaissance est particulièrement intéressante dans un contexte où les fonctions exercées par les personnes concernées restent parfois insuffisamment identifiées ou valorisées.

Une fiche métier ne constitue toutefois pas, à elle seule, un statut professionnel réglementé. Elle représente une étape dans l’identification des activités, des compétences et des perspectives professionnelles.

Pour la pair-aidance en addictologie, cette publication ouvre aussi des questions essentielles : comment reconnaître les compétences expérientielles sans imposer un modèle unique ? Comment favoriser des conditions d’exercice et de rémunération adaptées ? Comment préserver la diversité des parcours et des formes d’engagement ?

La reconnaissance professionnelle gagne à s’accompagner d’une réflexion sur les conditions concrètes dans lesquelles les personnes peuvent exercer leurs missions.

À consulter : Fiche métier K1231 – Patient partenaire / Patiente partenaire en santé, France Travail

Un documentaire pour découvrir le partenariat en santé

Cette actualité fait écho au documentaire Patient-partenaire, le trait d’union, diffusé le 15 octobre dans l’émission La France en vrai – Grand Est sur France 3.

Réalisé par Nesrine Aitout-Le Déan, ce film de 52 minutes part à la rencontre de personnes qui mobilisent leur expérience de la maladie au sein des établissements de santé, des associations et des espaces de formation.

À travers leurs témoignages et ceux des professionnels qui travaillent avec elles, le documentaire interroge la place de l’expérience vécue dans l’évolution des pratiques de soin.

Comment construire une relation dans laquelle les connaissances médicales et les savoirs expérientiels peuvent dialoguer ? Quelle place donner aux personnes concernées dans les décisions qui touchent à leur santé ? Comment dépasser une participation symbolique pour développer de véritables partenariats ?

Le documentaire permet d’aborder ces questions à partir de situations concrètes et de parcours singuliers.

Il rappelle que le partenariat en santé ne repose pas uniquement sur la présence de patients dans les organisations, mais aussi sur la reconnaissance de leur capacité à contribuer aux décisions, aux pratiques et aux transformations du système de santé.

À voir : Patient-partenaire, le trait d’union – France Télévisions

Documentaire disponible en replay jusqu’au 14 juillet 2027.

Journée mondiale de la pair-aidance : reconnaître les origines et soutenir les pratiques

À l’occasion de la Journée mondiale de la pair-aidance, un visuel partagé par Pair-aidance Québec propose une réflexion collective sur les fondements et les conditions de développement de la pair-aidance.

Le document insiste notamment sur l’importance de préserver les valeurs historiques de ces pratiques : soutien mutuel, réciprocité, autonomie, reconnaissance des expériences vécues et lutte contre la stigmatisation.

Il souligne également plusieurs enjeux liés à la professionnalisation : la formation, la supervision, la rémunération, la reconnaissance des compétences, la protection des personnes exerçant ces fonctions et leur participation aux décisions.

Cette contribution rappelle une distinction essentielle : reconnaître les savoirs expérientiels ne signifie pas nécessairement les faire entrer dans un modèle professionnel unique.

La pair-aidance peut prendre différentes formes, au sein des communautés d’entraide, des associations, des établissements et des dispositifs de santé.

L’enjeu est de permettre à ces différentes formes d’engagement de se développer tout en préservant ce qui fait leur spécificité : la relation entre personnes concernées, la liberté de partager son expérience et la reconnaissance des parcours singuliers.

Ces réflexions rejoignent directement les questions soulevées par la publication de la nouvelle fiche métier de France Travail.

2. Arrêt du tabac : que deviennent les personnes qui n’envisagent pas d’arrêter ?

Une étude américaine interroge les trajectoires des personnes dites « non motivées »

Une étude publiée le 30 septembre 2026 dans la revue Tobacco Prevention & Cessation apporte un éclairage intéressant sur les trajectoires de personnes qui fumaient quotidiennement sans envisager d’arrêter.

Les chercheurs ont analysé les données longitudinales de l’étude américaine PATH, recueillies entre 2014 et 2021.

L’analyse portait sur 1 309 adultes âgés d’au moins 21 ans, qui fumaient quotidiennement, déclaraient ne jamais envisager d’arrêter et n’utilisaient pas de cigarette électronique au début du suivi.

L’objectif était d’identifier les facteurs associés à l’arrêt de la cigarette ou au passage d’une consommation quotidienne à une consommation non quotidienne.

Des changements possibles, même sans projet d’arrêt initial

Premier constat : certaines personnes arrêtent ou réduisent leur consommation alors qu’elles ne prévoyaient pas de le faire.

Environ 6 % des participants ont cessé de fumer entre deux évaluations. Parmi ceux qui continuaient à fumer, 5,2 % sont passés à une consommation non quotidienne.

Ces résultats invitent à questionner une représentation encore fréquente : l’absence d’intention d’arrêter à un moment donné ne signifie pas que la consommation restera nécessairement inchangée.

Les trajectoires peuvent évoluer, parfois indépendamment d’un projet d’arrêt explicitement formulé.

Le vapotage quotidien associé à davantage de changements

L’un des résultats les plus marquants concerne l’utilisation de la cigarette électronique.

Parmi les personnes ayant commencé à vapoter quotidiennement, 53,5 % avaient arrêté ou réduit leur consommation de cigarettes, contre 10 % chez celles qui n’avaient pas commencé à vapoter.

En revanche, l’utilisation occasionnelle de la cigarette électronique n’était pas associée à une différence comparable.

Il faut toutefois interpréter ces résultats avec prudence.

Seuls 2 % des participants avaient commencé à vapoter quotidiennement. Il s’agit par ailleurs d’une étude observationnelle : elle met en évidence des associations, mais ne permet pas d’affirmer que le vapotage est, à lui seul, la cause des changements observés.

Les auteurs soulignent également l’intérêt d’étudier davantage les personnes qui ne prévoient pas d’arrêter, souvent moins représentées dans les recherches sur le sevrage tabagique.

Quelles implications pour l’accompagnement ?

Cette étude rappelle l’importance de maintenir une possibilité d’échange avec les personnes qui fument, indépendamment de leur intention immédiate d’arrêter.

L’absence de projet d’arrêt ne devrait pas conduire à considérer qu’aucun accompagnement n’est possible.

Proposer une information, discuter des alternatives, explorer les besoins ou simplement rester disponible peut permettre de soutenir des changements ultérieurs.

Elle souligne également la nécessité de distinguer réduction et arrêt du tabac : passer à une consommation non quotidienne constitue un changement, mais ne permet pas de conclure à une disparition des risques ni à un arrêt futur.

À retenir : la motivation déclarée à un instant donné ne résume pas les possibilités d’évolution d’une personne.

Cette conclusion rejoint les réflexions actuelles sur les approches non culpabilisantes et la nécessité d’adapter les accompagnements aux parcours individuels.

Étude scientifique : Kasza et al., Predictors of cigarette discontinuation and reduction among adults never planning to quit smoking, 2026

3. Arrêt du vapotage : un essai clinique de phase 3 évalue la cytisinicline

Si les connaissances sur l’accompagnement de l’arrêt du tabac se sont considérablement développées, celles concernant l’arrêt de la cigarette électronique restent plus limitées.

Certaines personnes qui vapotent souhaitent interrompre leur consommation de nicotine, mais peuvent rencontrer des difficultés liées à la dépendance.

L’essai clinique ORCA-V2, enregistré sur ClinicalTrials.gov sous le numéro NCT07392125, vise à évaluer l’efficacité et la sécurité de la cytisinicline dans l’accompagnement de l’arrêt du vapotage nicotinique.

Cette étude multicentrique, randomisée, en double aveugle et contrôlée contre placebo prévoit d’inclure environ 800 adultes utilisant quotidiennement une cigarette électronique contenant de la nicotine, sans consommation actuelle de cigarettes.

Les participants sont répartis en deux groupes : l’un reçoit de la cytisinicline pendant douze semaines, l’autre un placebo. Tous bénéficient d’un accompagnement comportemental.

L’objectif principal est de comparer les taux d’arrêt du vapotage entre les semaines 9 et 12.

La cytisinicline agit sur certains récepteurs nicotiniques impliqués dans les mécanismes de dépendance.

L’intérêt de cet essai réside dans l’évaluation d’une option pharmacologique spécifiquement destinée aux adultes souhaitant arrêter de vapoter.

À ce stade, aucun résultat d’efficacité de cet essai n’est disponible. Les dates figurant dans le registre sont prévisionnelles et ne doivent pas être interprétées comme la confirmation de son achèvement.

Les résultats seront donc à suivre avant de pouvoir apprécier la place éventuelle de cette approche dans les pratiques d’accompagnement.

À consulter : Essai ORCA-V2 – ClinicalTrials.gov

4. En Bretagne, le dépistage du cancer du poumon franchit une nouvelle étape

La région rejoint le programme pilote IMPULSION

L’Agence régionale de santé Bretagne a annoncé, le 21 octobre, la participation de la région au programme pilote national IMPULSION, consacré au dépistage du cancer du poumon.

Porté notamment par l’Institut national du cancer, l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris et les Hospices civils de Lyon, ce programme vise à préparer les conditions d’un futur dépistage organisé à l’échelle nationale.

Le cancer du poumon demeure la première cause de mortalité par cancer en France. Son diagnostic intervient encore fréquemment à un stade avancé, ce qui limite les possibilités thérapeutiques.

Le programme IMPULSION cherche à évaluer les modalités pratiques, l’efficacité et la sécurité d’un dépistage organisé associant deux dimensions complémentaires :

Le scanner thoracique à faible dose, destiné à repérer précocement d’éventuelles anomalies pulmonaires.

L’accompagnement à l’arrêt du tabac, intégré au parcours de dépistage afin de renforcer les possibilités de prévention.

L’expérimentation prévoit l’inclusion de 20 000 volontaires sur l’ensemble du territoire national.

Qui peut participer ?

Le programme s’adresse aux personnes présentant un risque élevé de cancer du poumon.

Les principaux critères comprennent :

  • Être âgé de 50 à 74 ans.
  • Fumer actuellement ou avoir arrêté depuis moins de quinze ans.
  • Présenter une exposition tabagique importante, selon les seuils définis par le programme, notamment au moins 20 paquets-années.

D’autres critères d’exposition sont également prévus. L’éligibilité doit être vérifiée dans le cadre du dispositif.

Les personnes intéressées peuvent être orientées par un professionnel de santé ou effectuer une démarche auprès du programme.

Sept centres bretons mobilisés progressivement

En Bretagne, sept centres de radiologie sont habilités à participer au programme, avec une ouverture progressive :

Brest, Lannion, Lorient, Quimper, Rennes, Saint-Brieuc et Vannes.

Le scanner thoracique à faible dose est réalisé sans injection et pris en charge dans le cadre du programme.

Le parcours comprend également une consultation initiale, une information sur le dépistage et un accompagnement adapté aux résultats.

L’articulation entre dépistage et accompagnement tabagique constitue un aspect essentiel de cette expérimentation.

Elle permet de ne pas limiter la prévention au repérage précoce de la maladie, mais d’intégrer également une démarche de réduction des risques futurs.

Informations et éligibilité : Programme IMPULSION – Dépistage du cancer du poumon

Source : Agence régionale de santé Bretagne, 21 octobre 2026.

5. Mois sans tabac 2026 : les initiatives se multiplient en Bretagne

À quelques jours du début du Mois sans tabac, les acteurs bretons poursuivent leur mobilisation pour proposer des actions d’information, de prévention et d’accompagnement au plus près des personnes concernées.

Plusieurs initiatives illustrent cette dynamique territoriale.

Une carte pour retrouver les actions organisées en Bretagne

Le collectif Mois sans tabac Bretagne met à disposition une carte interactive recensant les actions et les projets repérés sur le territoire.

Cette ressource permet de visualiser les initiatives organisées dans différents départements bretons et de faciliter leur identification par les professionnels, les partenaires et les personnes intéressées.

Elle constitue également un outil de valorisation des mobilisations locales.

Les porteurs de projets dont les actions ne figurent pas encore sur la carte sont invités à les signaler au collectif.

À découvrir : Mois sans tabac Bretagne

Pays de Saint-Malo : des consultations délocalisées pour faciliter l’accès à l’accompagnement

Dans le Pays de Saint-Malo, un collectif initié par le Contrat local de santé organise des consultations d’aide à l’arrêt du tabac dans plusieurs communes.

Des rendez-vous sont proposés à Québriac, Pleurtuit et Saint-Malo, avec la participation de professionnels de santé.

Les personnes peuvent bénéficier de conseils personnalisés, d’une évaluation de leur consommation, notamment à l’aide d’un testeur de monoxyde de carbone, et d’une prescription de substituts nicotiniques lorsque cela est indiqué.

Cette mobilisation associe notamment le CSAPA de Saint-Malo, des acteurs de santé territoriaux, la médiation en santé et les collectivités partenaires, avec le soutien de l’ARS Bretagne.

L’intérêt de ces consultations délocalisées est de rapprocher les ressources des lieux de vie et de faciliter l’accès à un accompagnement adapté.

À consulter : Pays de Saint-Malo – Mois sans tabac 2026

À Quimper, le CSAPA propose consultations et temps d’échanges

Dans le Finistère, le CSAPA de Quimper prépare plusieurs actions tout au long du mois de novembre.

Selon un article du Télégramme publié le 23 octobre, des consultations gratuites et des cafés-échanges sont annoncés pour accompagner les personnes souhaitant arrêter de fumer.

Une intervention est notamment prévue le 2 novembre auprès de personnes en situation de précarité, en partenariat avec le Centre communal d’action sociale.

Ces initiatives permettent de diversifier les modalités de rencontre et de soutien.

Les cafés-échanges offrent notamment un cadre moins formel que la consultation individuelle, dans lequel les personnes peuvent poser leurs questions, partager leurs difficultés et découvrir les ressources disponibles.

L’attention portée aux personnes en situation de précarité rappelle également l’importance de développer des actions adaptées aux inégalités sociales de santé.

Source : Le Télégramme, 23 octobre 2026, « Novembre Sans Tabac à Quimper : un mois pour arrêter de fumer » (article partiellement réservé aux abonnés).

Brest : des consultations hospitalières et des ressources accessibles

À Brest, le service Information Jeunesse relaie également des ressources destinées aux personnes souhaitant arrêter ou réduire leur consommation de tabac.

Parmi celles-ci figurent les consultations hospitalières de tabacologie proposées à l’hôpital Morvan.

Le parcours d’accompagnement comprend une réunion d’information collective, sur inscription, permettant de mieux comprendre les mécanismes de la dépendance tabagique.

Des consultations individuelles sont ensuite proposées, avec un suivi adapté aux besoins des personnes.

L’équipe est pluridisciplinaire et associe notamment médecins et infirmières tabacologues, psychologues, diététiciennes et sophrologues.

Cette organisation rappelle l’intérêt de combiner information, accompagnement individuel et prise en compte des différentes dimensions de la consommation.

Renseignements : Consultation hospitalière de tabacologie, hôpital Morvan, Brest.

Autre ressource : Tabac info service – 39 89.

6. « Génération sans tabac » : une proposition discutée à l’Assemblée nationale

Une proposition visant à interdire progressivement la vente de tabac aux générations nées à partir de 2009 a franchi une étape parlementaire à la mi-octobre.

Un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 a été adopté en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Le principe consiste à instaurer une interdiction de vente de tabac fondée sur l’année de naissance.

Les personnes nées à partir du 1er janvier 2009 seraient ainsi concernées par une interdiction durable d’achat de tabac, y compris après leur majorité.

Cette proposition s’inscrit dans une réflexion internationale sur les politiques de prévention visant à réduire l’entrée des nouvelles générations dans le tabagisme.

Ses défenseurs mettent en avant l’objectif de prévenir l’initiation au tabac et de réduire à long terme les conséquences sanitaires de sa consommation.

Une telle mesure soulève également plusieurs questions : les modalités de contrôle, les conséquences pour les commerces, les risques de développement de circuits d’approvisionnement parallèles et la nécessité d’accompagner les politiques réglementaires par des actions éducatives et sociales.

Il est important de préciser qu’il s’agit d’une étape du débat parlementaire, et non d’une interdiction déjà entrée en vigueur.

L’adoption en commission ne préjuge pas du contenu définitif de la loi.

Cette actualité rappelle que la prévention du tabagisme mobilise plusieurs leviers complémentaires : réglementation, information, accompagnement, réduction des inégalités et accès aux soins.

Source : Capital, 17 octobre 2026, « Ils auront 18 ans en 2027 et n’auront jamais le droit d’acheter une cigarette ».


À retenir cette semaine

La reconnaissance des savoirs expérientiels progresse. La publication d’une fiche métier consacrée aux patients partenaires, la diffusion d’un documentaire sur le partenariat en santé et les réflexions de Pair-aidance Québec soulignent l’importance croissante accordée à l’expérience vécue dans les pratiques et les organisations.

Les trajectoires de consommation ne sont pas figées. L’étude américaine PATH montre que certaines personnes qui n’envisagent pas d’arrêter de fumer peuvent néanmoins réduire ou interrompre leur consommation. Elle rappelle l’intérêt de proposer une aide sans conditionner l’accompagnement à une motivation préalable.

La recherche explore de nouvelles possibilités. L’essai ORCA-V2 évalue la cytisinicline dans l’arrêt du vapotage nicotinique, mais ses résultats ne sont pas encore disponibles.

La Bretagne renforce ses dispositifs de prévention. Avec le programme IMPULSION, sept centres bretons participeront progressivement à une expérimentation nationale de dépistage du cancer du poumon associant scanner thoracique et accompagnement tabagique.

Le Mois sans tabac mobilise les territoires. Cartographie régionale, consultations délocalisées, actions en CSAPA et ressources hospitalières illustrent la diversité des initiatives proposées pour faciliter l’accès à l’information et au soutien.

Les politiques publiques continuent d’évoluer. Le débat sur une « génération sans tabac » ouvre des perspectives de prévention à long terme, tout en soulevant des questions sur les modalités et les conséquences de sa mise en œuvre.


Pour conclure

Cette semaine met particulièrement en évidence l’importance de reconnaître la diversité des savoirs et des parcours.

Qu’il s’agisse de donner une place aux patients partenaires dans les organisations, d’accompagner des personnes qui n’envisagent pas encore d’arrêter de fumer ou de rapprocher les dispositifs de prévention des lieux de vie, une même question traverse ces actualités : comment construire des réponses qui tiennent réellement compte des personnes concernées ?

Les connaissances scientifiques, les compétences professionnelles, les expériences vécues et les initiatives collectives ne s’opposent pas. Elles peuvent se compléter pour améliorer les pratiques, renforcer le pouvoir d’agir et rendre les accompagnements plus accessibles.

En Bretagne comme ailleurs, la mobilisation des acteurs de terrain rappelle également que la prévention et la réduction des risques se construisent dans la durée, à travers la coopération, l’écoute et le partage des ressources.

Continuons à faire circuler les connaissances, à valoriser les initiatives et à reconnaître les expériences qui contribuent à faire évoluer l’addictologie, la réduction des risques et la pair-aidance.